Octobre 2017 - Réseaux

Fin des zones blanches : effet d’annonce ou réalité ?

2017 ne sera pas l’année du 100 % téléphone portable en France, mais on s’en rapproche. Sous l’impulsion de l’État, le déploiement s’est accéléré au point que seules 500 communes sur un peu plus de 35 400 restent à couvrir par le réseau GSM.

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Téléphonie mobile et Internet haut-débit sont, aujourd’hui, deux vecteurs incontournables de développement de toute activité économique. Depuis 2003, les gouvernements successifs l’ont bien compris, au point de financer en partie l’installation des infrastructures de téléphonie mobile dans les zones rurales. Les campagnes étant délaissées par les opérateurs faute de rentabilité. Mais la 4G ne sera pas la seule à profiter de l’aide de l’État Emmanuel Macron ayant promis devant le Sénat en juillet 2017 « une France dotée en haut et très haut-débit d’ici la fin 2020 ». La partie filaire devrait également être impulsée.

 

Une situation en nette amélioration

 

À en juger par l’annonce du projet de développement des infrastructures, on peut d’ores et déjà affirmer que la situation s’est grandement améliorée.  

 

iStock-186132483_650pxConcernant la partie mobile, l’ARCEP a d’ailleurs reconnu l’effort entrepris par les opérateurs sur ce dossier… tout en les incitants à rester vigilants.  En effet, tant que les déploiements ne sont pas terminés, l’amélioration de la qualité du réseau doit se poursuivre et les modifications nécessaires au bon fonctionnement du système doivent être effectuées.  Une chose est sûre, les opérateurs se disent  prêts à poser leurs équipements manquants dès que les dernières mairies auront installé les pylônes nécessaires.

Toutefois, les deux grands axes de travail pour désenclaver les zones blanches sont la fibre optique et le développement de technologies alternatives. On connaît les performances offertes par la fibre optique et son point faible : son déploiement dans les lieux reculés est coûteux. 

 

Si l’ARCEP a félicité les opérateurs, ce n’est pas pour autant qu’ils ne doivent pas continuer les déploiements qui ne sont pas terminés. Il faut sans cesse améliorer la qualité du réseau, etc. Ils doivent donc rester vigilants sur les améliorations à venir et les modifications à effectuer. 

 

Des technologies alternatives

À côté de la téléphonie mobile, l’accès « classique » à Internet est aussi un enjeu important, voire plus, pour les entreprises. Si on estime que l’ADSL couvre 98 % de la population, il y a d’énormes différences de débits en fonction des technologies utilisées (ADSL, ADSL2+, VDSL). Pour les zones blanches de l’Internet, des technologies alternatives sont disponibles pour bénéficier de débits très corrects à des tarifs variables en fonction des territoires :

  • Haut-débit par satellite. Grâce une baisse tarifaire depuis quelques années et des forfaits en mode bidirectionnels, les accès par satellite se multiplient en France. D’autant plus que certaines communes subventionnent la location du modem et de la parabole.
  • Haut-débit par Wi-Fi. L’objectif est d’utiliser la technologie Wi-Fi pour diffuser Internet aux particuliers depuis un point haut (un château d’eau par exemple). Cette méthode permet de couvrir plusieurs kilomètres en utilisant des relais locaux.
  • Haut-débit par Wimax. Le Wimax est certainement la meilleure technologie pour couvrir les zones blanches. La transmission des données se fait par voies hertziennes à très grande vitesse (jusqu’à 70 Mbits/s en théorie) sur plusieurs kilomètres.
  • Haut-débit par CPL. Disponible partout en France avec des performances très raisonnables, le CPL (Courant Porteur en Ligne) n’a pas convaincu beaucoup de municipalités. C’est dommage car on peut couvrir de grandes distances à des vitesses correctes pour un investissement modéré.

 

L’accès à Internet et la téléphonie mobile sont deux critères fondamentaux pour l’implantation des ménages et des entreprises sur un territoire. Difficile d’attirer des populations jeunes sans offrir une infrastructure réseau digne de ce nom. C’est aussi devenu un enjeu touristique fort.